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Épidémie à Beuvry

Posté par Joël le 21 septembre 2011

 

Cette histoire se déroule au Moyen-âge, sous le règne de Philippe II (dit Philippe-Auguste).

A cette époque notre région, ainsi qu’une partie de l’actuelle Belgique, dépendaient des Comtes d’Artois (vassaux des Ducs de Bourgogne et alliés aux Anglais contre le roi de France Philippe-Auguste). La paix est pourtant revenue entre le Roi de France et le Comte de Flandres, après des années de guerre qui avaient affaibli les habitants de la région. On pouvait croire à une amélioration dans la vie quotidienne…

marécages

Notre région comportait de grandes surfaces marécageuses, mais dans les marais de Beuvry, il n’y avait pas que des castors !
(Le castor a été présent à Beuvry comme cela a été rappelé sur un autre blog, expliquant d’ailleurs très bien l’origine du nom de notre commune.)

Le sol marécageux de Beuvry et de Béthune favorisait l’éclosion de mouches, moustiques, puces mais aussi des rats. Tous ces « indésirables », contribuaient à la propagation des maladies contagieuses et mortelles : malaria, lèpre, peste.

De plus la ville de Béthune ayant à l’époque de nombreux marchés, voyait arriver des marchandises provenant du Moyen-Orient par des bateaux déchargeant à Boulogne et à Calais des épices, parfums ou encore des étoffes,… mais aussi des rats porteurs de puces, vecteurs de la peste.

 

Fin 1187, une épidémie très virulente sévit dans la région, mais l’hiver calma la contagion. L’épidémie (dont certains historiens n’ont pas la certitude qu’il s’agissait de la peste) reprit en 1188 avec une nouvelle vigueur. La médecine de l’époque était rudimentaire et impuissante, l’hygiène inexistante et la population locale affaiblie par la guerre qui venait de se terminer.

Le découragement est total et la désolation s’empare de la population dont une partie fuit les villes en laissant derrière elle les malades sans soins ni secours. Les cadavres s’amoncellent sans sépulture.

Au XIIe siècle, l’Église est parvenue à instaurer un rituel mortuaire et les défunts sont habituellement ensevelis par la famille ou les amis. Mais en temps d’épidémie, les volontaires se font plus rares…

 

C’est alors que nait la confrérie des charitables de Saint Éloi.

Selon un récit (lettre de Pierre de Nogent, datée du 26 Octobre 1317), à trois reprises, Saint Éloi (le Patron des forgerons) apparut de nuit à Germon, un forgeron de Beuvry, et  en même temps à Waultier (Gauthier), un autre forgeron du faubourg de Saint-Pry.

Saint Éloi leur demanda de fonder une « karité » (confrérie de charité), qui inhumera les défunts, et pour instaurer une « candeille » (chandelle de cire vierge) pour guérir les malades.

Le 21 septembre, jour de la fête St-Matthieu, les deux forgerons se rencontrent près de la source de Quinty et se racontent leur rêve respectif.

Épidémie à Beuvry dans Charitables prencontreaquinty

Exposant leur aventure au moine Rogon, du couvent cistercien de Saint-Pry, celui-ci leur demande de constituer leur « karité » et de commencer à enterrer dignement tous les défunts comme l’a demandé Saint Éloi. Quant au moine, il se charge de leur fournir la Sainte-Chandelle en cire vierge.

Devant le courage de ces deux forgerons, des habitants des deux villes viennent les aider.

Progressivement, les défunts sont dignement inhumés, et les malades sont soignés, l’épidémie régresse doucement, puis finit par disparaître complètement.

 

Si le mystère demeure quant à l’apparition de Saint Éloi, la chose la plus étrange de cette histoire est que jamais aucun charitable n’ait contracté la peste.

La prophétie de Saint Éloi était :

« Le fléau n’approchera point de vous, ni même de vos demeures ! »

 

Pendant la Révolution, la confrérie fut officiellement supprimée, mais ses membres continuèrent à agir comme par le passé, protégés par la sympathie de la population. En 1802, le maire de Béthune leur restitua le droit de transporter les morts.Fidèle à la tradition, la Confrérie des Charitables de Beuvry continue à assurer gratuitement le service des funérailles et d’inhumation de tous les défunts de la commune.

Chaque année, le dimanche qui suit le 21 septembre, les Charitables de Beuvry retrouvent ceux de Béthune à l’endroit où les 2 forgerons se sont rencontrés le 21 septembre 1188.

confrérie des charitables de Saint Eloi

Voir aussi cet article sur le blog éphéméride d’Archimède

 

Publié dans Charitables, Ephéméride, Histoire, Légende | 1 Commentaire »

Une semaine importante pour les Charitables

Posté par Joël le 19 septembre 2011

 

Ce week-end, les charitables de Beuvry ont ouvert la porte de leur chambre.

Á l’occasion de journées du patrimoine, la confrérie des charitables de Beuvry ont accueilli quelques Beuvrygeois dans leur « chambre ».
C’est ainsi que l’on désigne le local qui leur sert de lieu de réunion situé cour du Sacré-Cœur à Beuvry.

L’histoire de cette confrérie vieille de plus de 8 siècles mérite que l’on s’y intéresse. Pourtant les Charitables de Beuvry ont regretté avoir bien peu de visites à la chambre.

Une semaine importante pour les Charitables dans Charitables tableau buste dans Commémorations
La chapelle Quinty était également ouverte comme chaque année.

chapellequintyintrieur dans Culture

La médiathèque accueillait une exposition d’un photographe Beuvrygeois qui a voulu rendre hommage à un membre de sa famille en fixant pour la postérité des Charitables.

 

Mercredi est un jour particulier dans l’histoire du Béthunois.

C’est en effet le 21 septembre 1188 que deux maréchaux-ferrants, Germon (de Beuvry) et Gauthier (de Béthune), se sont rencontrés à la source de Quinty, située à la limite des deux communes, afin de fonder une « karité ».

 

La procession à Naviaux de dimanche prochain

Les Charitables vont fêter le dimanche 25 septembre le 823e anniversaire de la rencontre de Germon et Gauthier. Ils invitent par l’intermédiaire de ce blog toute la population à y participer.

procession à Naviaux 2009

La procession « à Naviaux » démarrera à 9h45.

Les charitables partent de leur chambre respective de Beuvry et de Béthune pour se rencontrer, comme le firent Germon et Gauthier en 1188 alors qu’une épidémie* dévastait la région.


A 10h45 : rencontre des deux Confréries au Parc Quinty.
A 11h00 : débutera la messe, suivie de la rencontre des Prévôts et « Chéris » (dernier rentré dans la confrérie), et de la remise des médailles.

 

* On suppose qu’il s’agissait de la peste, mais les historiens ne sont pas unanimes.

 

Publié dans Charitables, Commémorations, Culture, Histoire, Immanquable | 3 Commentaires »

Quelques règles de dactylographie : Les abréviations

Posté par Joël le 18 septembre 2011

Titres de civilité

Mlle (et non Melle, ni Mle) = Mademoiselle

Mlles (et non Melles, ni Mles) = Mesdemoiselles

Mme (et non Me) =  Madame

Mmes = Mesdames

M. (et non Mr) = Monsieur

MM. (et non Mrs) = messieur

Me = maître

Mes = maîtres

Mgr = monseigneur

 

Premier, première, deuxième…

Par convention on doit écrire 1er (premier), 1re (première), 2e

Pourtant, nous sommes tous tentés d’écrire : 2ème, 2ième (moi même, j’utilise ces abréviations, car visuellement sur une page web, c’est plus marquant…)

 

Siècles

Le siècle en chiffres romains petites capitales, suivi d’un e minuscule en exposant (ou er pour premier) :

Du Ier s. av. J.-C. au XIXe s. ap. J.-C.

 

Abréviations des symboles

Certaines abréviations sont utilisées pour noter des symboles scientifiques. 

Elles ne prennent pas la marque du pluriel et le point d’abréviation disparaît :

 

Grandeur

Superficie

Volume

Masse

Temps

Puissance

 

mm = millimètre

cm = centimètre

dm = décimètre

m = mètre

dam = décamètre

hm = hectomètre

km = kilomètre

 

ca = centiare

a = are

ha = hectare

 

ml = millilitre

cl = centilitre

dl =décilitre

1 = litre

dal = décalitre

hl = hectolitre

 

mg = milligramme

cg = centigramme

dg = décigramme

g = gramme

dag = décagramme

hg = hectogramme

kg = kilogramme

q = quintal

t = tonne

 

ms = millième de seconde

s = seconde

min = minute

h = heure

j = jour

 

W = watt

kW = kilowatt

 

 

Voir aussi : Les autres articles d’aide


Publié dans Astuces et conseils pour blogs, Culture | Pas de Commentaire »

Partageons la forêt

Posté par Joël le 12 avril 2011

 

Partageons la forêt

Tel est le thème du deuxième salon organisé par l’association Beuvrygeoise  » Les Albrans «  

affiche salon albrans 2011

 

Cliquez ici pour ouvrir la page consacrée au salon 2011 sur le blog des Albrans afin d’obtenir des détails…

Cette page s’enrichit à chaque nouvel article, pensez à la visiter régulièrement.

 

Quelques photos du salon des 29 et 30 mai 2010 : Chasse Pêche & Environnement autour du marais

président association les albrans beuvry 62660 conservatoire des sites naturels du nord pas de calais à Beuvry 62poisson exposition concours  dessin enfants beuvry dessins enfants écoles beuvrydessin d'enfants poissons association jardiniers de france beuvry Pas-deCalais Mickaël duhaut artisant paysagiste beuvry 62660 presse jus de pomme salon nature 62 beuvry  fontaine chocolat salon gastronomie solon gastronomie charcuterie beuvry don d'organe renard empaillé exposé au salon chasse beuvry roger beuvry garde-chassecuir chasse peche à la mouche artiste peintre exposition beuvry exposition peintures beuvry peintre beuvry exposition peintures beuvryexposition peintures beuvry   artiste peintre exposition beuvry sonneurs succès du salon de l'environnement beuvry 2010 premier salon environnement albrans beuvry tirage tombola

Cliquez ici pour ouvrir la page récapitulative du salon 2010..


 


 

Publié dans Biodiversité, Forêt, Immanquable, Les Albrans, Manifestations, Peinture - Art | Pas de Commentaire »

Bonne Année 2011

Posté par Joël le 31 décembre 2010

carte originale meilleurs voeux 2011 

Comme on dit en Alsacien : e glëckliches nëies

Comme on dit en Créole : bon lanné

Comme on dit en Basque : urte berri on

Comme on dit en Breton : bloavezh mat

Comme on dit en Corse : pace e salute

Comme on dit en Lorrain : porscht nei Johr

Comme on dit à la Réunion : bone-érèz ané

Comme on dit en Provençal : bónna annada

Comme on dit en Catalan : bon any nou

 

Et comme in dit par ichi : in’ne bonne anneï et pi surtout l’santé !

bonne année neige gif animé

J’ai pris tiot peu d’avinche, pasque j’voulo vous dire : 

Soyez raisonnapes à ch’réveillon, surtout tous cheux qui dotent prindre leur carrette !

J’voudro vous artrouver tertous l’année prochaine.

 

Publié dans Chti ou Ch'ti, Culture, Ephéméride | 5 Commentaires »

Pourquoi célébrons-nous Noël le 25 décembre ?

Posté par Joël le 24 décembre 2010

carte joyeux NoëlPrincipale fête chrétienne aujourd’hui, le 25 décembre correspondait dans le passé à des fêtes païennes…

 

Les festivités antérieures à la fête chrétienne de Noël

Les manifestations païennes et religieuses antérieures à la naissance du Christ étaient nombreuses autour de cette date du 25 décembre : les Saturnales romaines dans les régions méridionales, les fêtes de Yule dans les régions septentrionales, et le culte de Mithra qui faisait directement concurrence aux premiers temps du christianisme.

 

Du 17 au 24 décembre, l’empire Romain était en fête, commémorant le règne de Saturne.

Pendant ces journées de fêtes, on invitait famille et amis, on banquetait, on ornait maison et végétation de guirlandes, on s’offrait des chandelles de cire, des figurines de pain ou de terre cuite, des pièces de monnaie…

Apparu probablement pendant 2ème siècle avant Jésus-Christ, le culte de Mithra, divinité Perse de la lumière connu son apogée durant les 3ème et 4ème siècles, devenant ainsi un rival important du christianisme.

 

Le 25 décembre était alors considéré comme le jour du solstice d’hiver, la naissance de la divinité Mithra le  » soleil invaincu » où l’on sacrifiait un taureau en son honneur.

Dans les pays nordiques, des cérémonies semblables, les fêtes de Yule donnaient lieu à des réjouissances et des festins, en l’honneur des dieux de la mythologie germanique.

Mais ces célébrations se sont effacées devant l’anniversaire de la naissance du Christ.

Pourtant, d’une certaine manière, elles ont chacune laissé des traces dans les coutumes de Noël.

 

Pourquoi le choix du 25 décembre pour célébrer la naissance de Jésus ?

6 janvier, 25 mars, 10 avril, 29 mai… plusieurs dates ont été attribuées à la naissance de Jésus-Christ, avant que le 25 décembre ne devienne la date de naissance « officielle ».

 

Jusqu’au début du 4ème siècle, les Églises d’Orient et d’Occident ne célébraient pas l’anniversaire de la naissance du Christ.  Cette date de naissance n’était même pas mentionnée.

D’ailleurs, les premiers chrétiens ne faisaient guère mention des anniversaires de naissance.

 

L’absence de document établissant la date de naissance de Jésus permit donc de laisser le champ libre à l’église pour choisir une date qui coïncide avec le solstice d’hiver pour contrer, dit-on, les fêtes païennes que je viens d’évoquer, et en particulier celle dédiée à Mithra.

 

En 336 l’Empereur Constantin décide de fixer Noël au 25 décembre.

Mais tenons compte de ce qui suit :

Au cours de mes recherches, j’ai appris ceci : l’Empereur Constantin n’a jamais été chrétien puisqu’il ne s’est fait baptiser que sur son lit de mort. En fixant la date de Noël le 25 décembre, il a voulu réconcilier païens et chrétiens.

L’esprit n’était donc peut être pas forcément de « s’approprier les festivités païennes », comme on le lit souvent sur certains sites ou blogs, dont les articles se ressemblent étrangement (chacun se fera son idée, je ne me voyais pas vous livrer uniquement la version la plus répandue).

 

C’est un peu plus tard, en 354, sous le règne du Pape Libérius (Libère), que fût instituée à Rome la fête de la naissance du Christ.

 

 

Ci-dessous, vous trouvez les détails des fêtes anciennes qui nous ont conduits aux réjouissances de Noël que nous connaissons aujourd’hui :

Origines des fêtes de Noël – première partie : les Saturnales

Origines des fêtes de Noël – deuxième partie : les fêtes de Yule

Origines des fêtes de Noël – troisième partie : le culte de Mithra 

Prenez le temps de lire ces articles du blog « Aujourd’hui, l’éphéméride d’Archimède » je pense que vous découvrirez (ou redécouvrirez) des histoires étonnantes comme celle d’une divinité de la mythologie Nordique qui n’est pas sans rappeler ce vieux Monsieur qui s’apprête à faire le tour de la terre la nuit prochaine…

 

Vous découvrirez également :

Les origines du sapin de Noël  ou encore du Père Noël  et de ses rennes.

 

 

Je profite de cet article pour vous souhaiter à tous un très joyeux Noël

carte joyeux Noël

 

Publié dans Culture, Ephéméride, Le saviez-vous ? | Pas de Commentaire »

Veille de Noël à Beuvry : la légende de la fontaine hideuse

Posté par Joël le 18 décembre 2010

 

Bien que les grandes surfaces aient rempli les rayons de jouets fin octobre, que certaines villes aient commencé les illuminations 5 à 6 semaines avant Noël et que la neige se soit invitée un peu tôt dans la saison, la magie de Noël arrive tranquillement.

Le sapin est fait, les cadeaux au Père Noël sont commandés, les choses sérieuses commencent.
Au coin du feu, on se remémore son enfance, le soulier au pied sapin ou à la cheminée, et les contes ou légendes de Noël.

 

Je vous ai remémoré la légende de Noël typiquement Beuvrygeoise.
Une autre légende de Noël à Beuvry parle de personnes qui disparaissent dans l’eau, mais l’histoire est différente de celle du château des noyés dans l’étang : c’est « Légende de la fontaine hideuse ». 

En l’an 1493, la veille de Noël, une pluie fine et glaciale tombant toute la matinée avait fait fondre la neige et rendait cet endroit difficile et dangereux à franchir.

Le coche – qui y passait 2 fois par mois – transportait de nombreux voyageurs, dont deux chartreux, deux autres moines, plusieurs marchands, deux fiancés…

Trompé par un feu follet, la voiture quitte la route et s’embourbe.

Malgré les coups de fouet sur les chevaux qui se cabrent, impossible de se désembourber.

Les hommes descendent, les chartreux poussent chacun une roue. Les marchands s’y mettent aussi.

Sans succès !

Le cocher s’écrit alors : « Que le diable emporte tout ! »

A cet instant, les voyageurs qui s’apprêtent à rebrousser chemin, s’enlisent lentement. L’eau et la boue leur montaient jusqu’aux genoux.

Bientôt, glacés d’effroi, ils s’enfoncent jusqu’à la poitrine.

Vers minuit, quand la lune apparut, on ne voyait plus que l’impériale du coche et les bras de quelques malheureux passagers s’agitant convulsivement au dessus de la boue.

Des pêcheurs ayant assisté à la scène, revinrent avec des secours. Il n’y avait plus à cet endroit qu’un trou béant aux eaux tourbillonnantes de plus de cent pieds de circonférence. On ne retrouva ni corps, ni vêtements. On sonda la fontaine sans pouvoir en déterminer la profondeur.

Depuis ce jour lamentable, tous les ans, dans la nuit de Noël, de la onzième à la douzième heure, on entend au fond de la fontaine, claquer le fouet du postillon, et les âmes pieuses voient parfois passer un coche lumineux au fond des eaux de la « fontaine Hideuse ».

 

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Beuvry, théâtre d’une légende de Noël… en ch’ti

Posté par Joël le 14 décembre 2010

Comme je le disais hier soir à quelques Beuvrygeois « de souche », il n’est pas nécessaire d’être né à Beuvry pour s’intéresser à la vie de la commune et naturellement à son histoire ou à ses légendes.

Par ailleurs, que l’on soit d’ici ou d’ailleurs, le ch’ti fait partie du patrimoine régional.

Ainsi, à défaut d’être une seconde langue maternelle, chacun peut à tout âge en apprendre les rudiments.

 carte du paler ch'ti

J’ai donc souhaité faire découvrir pour certains ou remémorer pour d’autres une histoire qui se serait passé à Beuvry dans les temps anciens, une veille de Noël.

 

Cette légende comporte quelques variantes, voici la plus connue,…  en ch’ti.

 

Ch’catiau des noïés dins ch’l'étang

Dins des temps vraimint anciens, j’étos pon né, pi ti non pu,y’avot un catiau à Beuvry.

Ses tourelles al’ s’ravisot’tent dins l’iau de ch’l'étang,qui l’rintourot.

Y’avot jamais personne qui avot vu ch’Cat’lain, ni s’femme, ni s’suite et l’tralala…

 

Personne Y’ n’avot jamais pu y rintrer, In plus, chés les alintours y’z'étottent surveillés par des gart’ (Ch’étot peut-êt’des ancêt’ d’chés gart’ ed’mines) qui n’ parlottent pas l’langue de ch’coin.

 

Quoi qui pouvot bien s’passer dins ch’catiau ?

Chés gins qui in parlottent, y disparaichottent subitemint.

Tartous y supposot’tent que ch’ mystérieux Cat’lain ch’étot ch’diable in personne.

Tous z’ans, dins l’nuit qu’al préchédot Noêl, in intindot des gémis’mints et des grosses rigolat’, et tout cha , cha s’arrêtot à minuit pile.

Tout cha a duré d’z'années, pétêt’ plus….

Ine nuit d’avant-velle ed’Noël, chés bruits y furent cor pus forts que les aut’z'années : Plaintes lamentap’, cris, éclats de rire, au point que cha impêcha vraimint chés Beuvrygeois de dormir.

 

El lendemain, cheux qui risquèrent un eul vers ech’Catiau, y n’ virent pus chées tourelles ni chés muralles.

Tout y’avot été inglouti dins l’fond de l’iau.

 

Y restot pu que ch’quemin d’accès et chés deux tiots petits ponts.

Les moins froussards, y z’osottent aller jusqu’à ch’étang, et y z’vir’tent eune « fontaine aux eaux tourbillonnantes ».

On appela cha « la Fontaine hideuse ».

In n’saura jamais cha qu’y sont dev’nus tous chés gins là et tout lu biens.

 

Les gins du coin y vous diront que lu grands-parints, dins la nuit de l’avant-velle ed’Noël, vers la minuit, Y z’intindot’tent cor sortir, du fond d’el’ fontaine, des cris et des gémissemints, et pi des rires d’sots…..

 

Y dot toudis y’ avoir, à Beuvry, ine rue de la Fontaine hideuse.

 Voici une version « Française » assez proche…

 

Le château des noyés dans l’étang

Dans des temps très anciens, il y avait un château à Beuvry.

Ses tourelles se regardaient dans l’eau de l’étang qui l’entourait.

Personne n’avait jamais vu le châtelain, ni sa femme, ni même quiconque.

Personne n’y était jamais entré non plus et les alentours étaient surveillés par des gardes qui ne parlaient pas la langue du pays.

Que pouvait-il se passer dans ce château ?

Les gens qui en parlaient disparaissaient subitement.

Tous pensaient que le châtelain était le diable lui même. Chaque veille de noël on entendait des gémissements et des rires qui s’arrêtaient à minuit pile.

Ce phénomène dura plus de dix ans.

Une année, lors de l’avant veille de Noël les bruits furent plus forts que les années précédentes à tel point que cela empêcha les gens de Beuvry de dormir.

Le lendemain ceux qui se risquèrent à jeter un œil vers le château ne virent plus les tourelles ni les murailles, tout avait été englouti par l’étang.

Ne restait que le chemin d’accès et ses deux petits ponts. Ceux qui s’aventurèrent jusqu’à l’étang y virent une fontaine aux eaux tourbillonnantes que l’on baptisa la Fontaine hideuse.

On ne sut jamais ce que devinrent les gens et les biens de ce château.

Les autochtones vous diront que leurs aïeux dans la nuit de l’avant veille de Noël vers minuit entendaient encore sortir du fond de la fontaine des cris des gémissements et des rires fous.

 

 


 

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Vive Saint Nicolas

Posté par Joël le 5 décembre 2010

carte bonne fête de saint nicolas enfants

Pour ne pas perdre les traditions, 

encore bien présentes dans notre région,

 

je souhaite à l’avance à tous les jeunes Beuvrygeois

 

une bonne Fête de Saint-Nicolas.

carte saint nicolas traditionnelle

 

images et cartes postales sur chant Saint Nicolas http://www.dailymotion.com/video/xbdv8f vidéo légende de saint Nicolas

 

Quelques dictons du jour :

Le jour de Saint Nicolas, de décembre est le moins froid.

Neige à la Saint Nicolas donne froid pour trois mois.

A la Saint Nicolas, l’hiver est souvent las.

Saint Nicolas marie les filles avec les gars.

 

Voir aussi mon article de 2009

 


 

Publié dans Ephéméride, Légende, Vidéo | 2 Commentaires »

L’arlésienne – nouvelle d’Alphonse Daudet

Posté par Joël le 14 octobre 2010

Alphonse Daudet Lettres de mon moulin – Alphonse Daudet 

 

L’arlésienne

Les lettres de mon moulin Alphonse Daudet

 

Pour aller au village, en descendant de mon moulin, on passe devant un mas bâti près de la route au fond d’une grande cour plantée de micocouliers.

C’est la vraie maison du ménager de Provence, avec ses tuiles rouges, sa large façade brune irrégulièrement percée, puis tout en haut la girouette du grenier, la poulie pour hisser les meules et quelques touffes de foin brun qui dépassent…

 

Pourquoi cette maison m’avait-elle frappé ? Pourquoi ce portail fermé me serrait-il le cœur ?

Je n’aurais pas pu le dire, et pourtant ce logis me faisait froid. Il y avait trop de silence autour…

Quand on passait, les chiens n’aboyaient pas, les pintades s’enfuyaient sans crier…

À l’intérieur pas une voix ! Rien, pas même un grelot de mule…

Sans les rideaux blancs des fenêtres et la fumée qui montait des toits, on aurait cru l’endroit inhabité.

 

Hier, sur le coup de midi, je revenais du village, et, pour éviter le soleil, je longeais les murs de la ferme, dans l’ombre des micocouliers…

Sur la route, devant le mas, des valets silencieux achevaient de charger une charrette de foin…

Le portail était resté ouvert. Je jetai un regard en passant, et je vis, au fond de la cour, accoudé, la tête dans ses mains, sur une large table de pierre, un grand vieux tout blanc, avec une veste trop courte et des culottes en lambeaux… Je m’arrêtai.

Un des hommes me dit tout bas :

- Chut ! c’est le maître… Il est comme ça depuis le malheur de son fils.

À ce moment, une femme et un petit garçon, vêtus de noir, passèrent près de nous avec de gros paroissiens dorés, et entrèrent à la ferme.

L’homme ajouta :

- … La maîtresse et Cadet qui reviennent de la messe. Ils y vont tous les jours, depuis que l’enfant s’est tué… Ah ! monsieur, quelle désolation !… Le père porte encore les habits du mort ; on ne peut pas les lui faire quitter… Dia ! hue ! la bête !

La charrette s’ébranla pour partir. Moi, qui voulais en savoir plus long, je demandai au voiturier de monter à côté de lui, et c’est là-haut, dans le foin, que j’appris toute cette navrante histoire…

Il s’appelait Jan. C’était un admirable paysan de vingt ans, sage comme une fille, solide et le visage ouvert.

Comme il était très beau, les femmes le regardaient ; mais lui n’en avait qu’une en tête, – une petite Arlésienne, toute en velours et en dentelles, qu’il avait rencontrée sur la Lice d’Arles, une fois. – Au mas, on ne vit pas d’abord cette liaison avec plaisir. La fille passait pour coquette, et ses parents n’étaient pas du pays. Mais Jan voulait son Arlésienne à toute force. Il disait :

- Je mourrai si on ne me la donne pas.

Il fallut en passer par-là. On décida de les marier après la moisson.

Donc, un dimanche soir, dans la cour du mas, la famille achevait de dîner. C’était presque un repas de noces. La fiancée n’y assistait pas, mais on avait bu en son honneur tout le temps…

Un homme se présente à la porte, et, d’une voix qui tremble, demande à parler à maître Estève, à lui seul. Estève se lève et sort sur la route.

- Maître, lui dit l’homme, vous allez marier votre enfant à une coquine, qui a été ma maîtresse pendant deux ans.

Ce que j’avance, je le prouve ; voici des lettres !… Les parents savent tout et me l’avaient promise ; mais, depuis que votre fils la recherche, ni eux ni la belle ne veulent plus de moi… J’aurais cru pourtant qu’après ça elle ne pouvait pas être la femme d’un autre.

- C’est bien, dit maître Estève quand il eut regardé les lettres ; entrez boire un verre de muscat.

L’homme répond :

- Merci ! j’ai plus de chagrin que de soif.

Et il s’en va.

Le père rentre impassible : il reprend sa place à table ; et le repas s’achève gaiement…

Ce soir-là, maître Estève et son fils s’en allèrent ensemble dans les champs. Ils restèrent longtemps dehors ; quand ils revinrent, la mère les attendait encore.

- Femme, dit le ménager en lui amenant son fils, embrasse-le ! il est malheureux…

Jan ne parla plus de l’Arlésienne. Il l’aimait toujours cependant, et même plus que jamais, depuis qu’on la lui avait montrée dans les bras d’un autre. Seulement il était trop fier pour rien dire ; c’est ce qui le tua, le pauvre enfant !…

Quelquefois il passait des journées entières seul dans un coin, sans bouger. D’autres jours, il se mettait à la terre avec rage et abattait à lui seul le travail de dix journaliers…

Le soir venu, il prenait la route d’Arles et marchait devant lui jusqu’à ce qu’il vît monter dans le couchant les clochers grêles de la ville. Alors, il revenait. Jamais il n’alla plus loin.

De le voir ainsi, toujours triste et seul, les gens du mas ne savaient plus que faire. On redoutait un malheur… Une fois, à table, sa mère en le regardant avec des yeux pleins de larmes, lui dit :

- Eh bien, écoute, Jan, si tu la veux tout de même, nous te la donnerons…

Le père, rouge de honte, baissait la tête…

Jan fit signe que non, et il sortit…

À partir de ce jour, il changea sa façon de vivre, affectant d’être toujours gai, pour rassurer ses parents. On le revit au bal, au cabaret, dans les ferrades. À la vote de Fontvieille, c’est lui qui mena la farandole.

Le père disait : « Il est guéri. »

La mère, elle, avait toujours des craintes et plus que jamais surveillait son enfant… Jan couchait avec Cadet, tout près de la magnanerie ; la pauvre vieille se fit dresser un lit à côté de leur chambre…

Les magnans pouvaient avoir besoin d’elle, dans la nuit…

Vint la fête de saint Éloi, patron des ménagers.

Grande joie au mas… Il y eut du château-neuf pour tout le monde et du vin cuit comme s’il en pleuvait. Puis des pétards, des feux sur l’aire, des lanternes de couleur plein les micocouliers…

Vive saint Éloi ! On farandola à mort.

 

Cadet brûla sa blouse neuve… Jan lui-même avait l’air content ; il voulut faire danser sa mère ; la pauvre femme en pleurait de bonheur à minuit, on alla se coucher. Tout le monde avait besoin de dormir… Jan ne dormit pas, lui.

Cadet a raconté depuis que toute la nuit il avait sangloté… Ah ! je vous réponds qu’il était bien mordu, celui-là…

 

Le lendemain, à l’aube, la mère entendit quelqu’un traverser sa chambre en courant. Elle eut comme un pressentiment :

- Jan, c’est toi ?

Jan ne répond pas ; il est déjà dans l’escalier.

Vite, vite la mère se lève :

- Jan, où vas-tu ?

Il monte au grenier ; elle monte derrière lui :

- Mon fils, au nom du Ciel ! Il ferme la porte et tire le verrou.

- Jan, mon Janet, réponds-moi. Que vas-tu faire ?

À tâtons, de ses vieilles mains qui tremblent, elle cherche le loquet !…

Une fenêtre qui s’ouvre, le bruit d’un corps sur les dalles de la cour, et c’est tout…

Il s’était dit, le pauvre enfant : « Je l’aime trop… Je m’en vais… »

Ah ! misérables cœurs que nous sommes ! C’est un peu fort pourtant que le mépris ne puisse pas tuer l’amour !…

 

Ce matin-là, les gens du village se demandèrent qui pouvait crier ainsi, là-bas, du côté du mas d’Estève…

C’était, dans la cour, devant la table de pierre couverte de rosée et de sang, la mère toute nue qui se lamentait, avec son enfant mort sur ses bras.

Cette nouvelle a été publiée pour la première fois dans L’Événement du 31 août 1866.

 

Elle a été reprise dans le recueil des Lettres de mon moulin (1869).

 

La nouvelle a donné lieu également à une pièce de théâtre en trois actes et cinq tableaux représentée pour la première fois au Théâtre du Vaudeville le 1er octobre 1872. Georges Bizet a composé la musique de scène pour l’occasion.

 

 


 

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