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Description du canal d’Aire à La Bassée

Posté par Joël le 12 août 2011

 

Le chaînon manquant

Le canal d’Aire à La Bassée, qui fait partie du paysage Beuvrygeois, est un des maillons essentiels de la ligne à grand gabarit de Dunkerque à l’Escaut.

Autant dire qu’avant son ouverture, il s’agissait même du chaînon manquant (comme je l’ai évoqué dans un article précédent).

En effet, ce canal, inauguré en 1825, a été réalisé pour assurer la liaison Dunkerque – région parisienne dans de meilleures conditions.
Sa construction permettait d’éviter le passage par Deûlémont (Belgique) réduisant ainsi le parcours de 50 km (voir la carte ci-dessous).

Il s’agit d’un canal de jonction par dérivation de la Deûle vers la Lys.

C’est-à-dire qu’il relie le canal de la Deûle (au niveau de Bauvin, donc au delà de La Bassée) à la Lys et au canal de Neufossé (au niveau d’Aire-sur-la-Lys). Il est composé de 2 biefs séparés par l’écluse située à Cuinchy.

liaison fluviale canal dunkerque escaut

Le canal d’Aire à La Bassée en chiffres

Sa longueur totale est de 41,145 km. Le canal a connu des travaux d’élargissement au début des années 1900, puis en 1966 pour sa mise à grand gabarit permettant le passage de péniches de 1.350 tonnes.

 

A l’origine : gabarit « Freycinet », soit 39 m sur 5,20 m, mouillage 2,20 m, hauteur libre 3,50 m.

Actuellement : gabarit européen, soit 143 m sur 11,40 m, mouillage 3,40 m, hauteur libre 4,50 m.

 

Origine physique et administrative : Bauvin (Nord) à la cote 20,90 m.

Extrémité physique et administrative : Aire (Pas-de-Calais) à la cote 18,90 m.

La cote est le Niveau Normal de Navigation du canal par rapport au niveau de la mer. Autrement dit, c’est le niveau que le Service Navigation s’efforce de maintenir pour assurer de bonnes conditions de navigation.

Le sens conventionnel de descente est donc : De Bauvin à Aire-sur-la-Lys.
L’écluse de Cuinchy possède un ouvrage (ou sas d’écluse) de 144,60 mètres par 12 mètres et une chute d’eau de 2 mètres.

écluse de cuinchy canal Aire à La Bassée

Communes traversées

Le canal traverse les communes de Bauvin, Billy-Berclau, Hantay, Douvrin, Salomé, Haisnes, La Bassée, Violaines, Cuinchy, Givenchy, Festubert, Beuvry, Béthune, Essars, Annezin, Hinges, Mont-Bemanchon, Robecq, Busnes, Guardecques, Berguette, Isbergues et Aire.

 

Autres informations sur le canal d’Aire à La Bassée

Il existe un embranchement situé au PK (point kilométrique) 13, appelé embranchement de Nœux-les-Mines (ou « canal de Beuvry), long de 3 km (sans écluse).

Le canal à grand gabarit d’Aire à La Bassée est traversé par des aqueducs et des siphons pour le passage des cours d’eau et des fossés de drainage.

peniches canal à grand ganarit beuvry


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Différents types de canaux en France

Posté par Joël le 10 août 2011

La France possède plus de cent canaux, présentant une longueur totale de 4,900 kilomètres ; on peut les diviser en trois classes :

1 – les canaux qui établissent des communications entre la Méditerranée et l’Océan ;

2 – ceux qui font communiquer les fleuves ou les rivières de différents bassins-versants* ;

3 – ceux qu’on a creusés à l’intérieur des bassins*.

carte de france des rivieres et canaux

Parmi les canaux creusés à l’intérieur des bassins, les uns sont latéraux aux cours d’eau non navigables ou d’une navigation longue, difficile ou souvent interrompue, les autres servent à faire communiquer les fleuves avec les affluents ou les affluents entre eux.

 

Les principaux canaux qui font communiquer les fleuves avec leurs affluents ou les affluents entre eux sont ceux d’Aire à La Bassée, de la Deûle, de la Sensée, dans le bassin de l’Escaut ; de Saint-Maur, de l’Ourcq, de Saint-Denis et Saint-Martin, dans le bassin de la Seine ; du Berry, de Nantes à Brest, dans le bassin de la Loire ; d’Arles à Bouc, de Beaucaire, dans le bassin du Rhône.


Ainsi, le canal d’Aire à la Bassée, qui traverse Beuvry, relie la Lys au canal de la Deûle.

 

 

* Voir la définition du bassin versant en cliquant ici.

 


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Que faire l’été à Beuvry ?

Posté par Joël le 8 août 2011

Pourquoi ne pas flâner du côté du canal ?

Profitez des beaux jours pour une promenade au bord de l’eau.

D’autant que le chemin qui longe le canal reste encore un grand classique pour les Beuvrygeois voulant marcher, chacun à son rythme, à l’aube, en début d’après midi ou en fin de journée, avec ou sans chien,… bref, en toute liberté.

canal à grand gabarit à beuvry

 

Mais avant d’être un lieu de détente, le canal reste un axe de transport fluvial important.

L’hiver dernier, j’ai commencé une série d’articles sur le réseau navigable régional, afin de situer Beuvry dans ce système complexe.

Je n’avais pas oublié la partie de la liaison Dunkerque-Escaut qui nous concerne plus directement : le canal d’Aire à La Bassée.

Voulant diversifier les sujets traités sur ce blog, j’ai volontairement fait une interruption pour y revenir cet été.*

 

Cette année les lentilles d’eau sont réapparues quelques temps, mais beaucoup moins nombreuses que l’an dernier… sans doute parce qu’elles n’ont pas trouvé de quoi se nourrir et donc se multiplier.

Pour ce qui est des températures propices au développement, inutile de remuer le couteau dans la plaie, l’été 2011 est déjà assez décevant.

Parmi les facteurs favorisant l’extension  des lentilles d’eau, un commentaire sur ce blog évoquait l’an dernier la baisse du trafic fluvial. C’est d’ailleurs ce commentaire qui m’a donné l’idée de proposer un travail sur le réseau des voies navigables que je continuerai donc dans le prochain article.

 

* Notez que la « coupure » dans les articles sur les canaux n’est pas sans rappeler la coupure dans la création de la liaison Dunkerque-Escaut, qui à l’époque souffrait d’une lacune, obligeant à des détours.

 

 

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L’Escaut – de Schelde

Posté par Joël le 21 février 2011

Je continue comme convenu à présenter le réseau hydrographique régional.

Après la Lys et ses affluents, la Scarpe et la Deûle, puis la Sensée et le canal de la Sensée, en toute logique, nous arrivons sur l’Escaut.

fleuve l'escaut et ses affluents

Présentation de l’Escaut

L’Escaut, (de Schelde en néerlandais) est un fleuve européen de 355 km de long

Il prend sa source près de Gouy, au nord de Saint-Quentin, dans l’Aisne, au pied de l’abbaye du Mont Saint-Martin à une altitude de 97 mètres.

 

Le fleuve canalisé à partir de Cambrai, change de nom : il devient Canal de l’Escaut.

Il traverse ensuite Valenciennes puis la Belgique (passant notamment par Tournai, Gand et Anvers) avant de se jeter en mer du Nord au Pays-Bas.

 

De sa source jusque Gand le fleuve s’appelle « Escaut Supérieur », entre Gand et Anvers c’est « l’Escaut Maritime » et au-delà d’Anvers il est désigné comme « l’Escaut Occidental ». L’Escaut Maritime et l’Escaut Occidental constituent l’estuaire de l’Escaut.

 

L’Escaut se divisait autrefois pour former deux larges bras aux Pays-Bas.

Aujourd’hui, seule sa branche-Ouest rejoint encore la Mer du Nord.

Cet estuaire (Westerschelde) fait cinq kilomètres de large au niveau de l’embouchure à Flessingue !

 

La source de l’Escaut

Jusqu’au XVIIe siècle, l’Escaut prenait sa source à Ponchaux, hameau qui est rattaché aujourd’hui à Beaurevoir.
Au début du XVIIIe siècle, des travaux d’assainissement du vallon de Beaurevoir ont nécessité un apport important de terre dans la zone de la source.
Suite à ces travaux, la source de l’Escaut disparut de Ponchaux pour réapparaître environ à 4km à son emplacement actuel de Gouy, à côté de l’abbaye du Mont-Saint-Martin.

L’Escaut naît dans un bassin briqueté, au fond d’un vallon ombragé.

source de la rivière l'escaut      source de la rivière l'escaut

 

Hydrographie

Le bassin hydrographique ou bassin versant de l’Escaut s’étend sur 21.863 kilomètres carrés, dont : 6.680 km2 en France et 13.324 km2 en Belgique (soit plus de 50% de la surface de ce pays) et 1 859 km2 aux Pays-Bas. 

Il irrigue 11 millions d’Européens et de nombreuses industries sidérurgiques et chimiques.
Cela en fait un des fleuves les plus pollués d’Europe, même si depuis les années 1980 les choses commencent à s’améliorer.
Grâce la construction progressive d’installations d’épuration des eaux, l’apport de matières biologiques a diminué.

L’épuration de l’Escaut est dorénavant un objectif politique à long terme.

 

Ses affluents les plus importants sont la Sensée, la Scarpe, la Lys, la Haine, la Dendre et le Rupel.

C’est un fleuve lent et peu puissant sur lequel l’influence de la marée se fait sentir jusqu’à 160 km de l’embouchure !

Quelque 250 écluses et barrages ont été implantés sur son cours et celui de ses principaux affluents.

carte du cours de l'escaut

 

Liens utiles :

Source de l’Escaut (situation et photo)

Réseau hydrographique et lois sur l’eau


 

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La Sensée

Posté par Joël le 16 février 2011

 

La journée internationale des zones humides a été l’occasion de rappeler les conséquences des modifications apportées par l’homme sur les cours d’eau.

Le réseau hydrographique régional actuel illustre bien la situation.

 

Après la Loisne, la Lys, la Scarpe et la Deûle, voyons l’exemple de la Sensée :

La longueur de ce cours d’eau est de 27,1 km.

La Sensée prend sa source à Croisilles (Pas-de-Calais), aux limites des plaines de l’Artois et passe dans le village de Lécluse.

Elle se jette d’abord dans le canal du Nord, puis dans le canal à grand gabarit à Bouchain car le bassin versant de la Sensée a été coupé en deux par la création du canal à grand gabarit (comme pour la Loisne qui est coupée par le canal d’Aire à La Bassée au niveau de Beuvry).

 

Le cours de la sensée se divise donc aujourd’hui en deux parties distinctes :

La Sensée amont vient alimenter le canal du Nord entre Arleux et Palluel. Elle collecte les eaux du Cojeul, son plus gros affluent puis du Trinquise.

La Sensée aval s’écoule de Oisy-le-verger jusqu’au canal de l’Escaut à Bouchain.
Le cours de la Sensée aval se confond avec une zone de marais, d’étangs et de tourbières qui se prolonge jusqu’à Bouchain. La Sensée aval reçoit les eaux de vidange des étangs dont elle est dépendante.

 

 La Sensée dans Canaux sensee

 

La Création du canal de la Sensée

Le canal de la Sensée constitue le premier maillon de la liaison à grand gabarit de l’Escaut à Dunkerque.

 

Le 5 mars 1806, c’est sous Napoléon 1er que le gouvernement impérial projette l’exécution d’un canal de la « Censée », destiné à unir l’Escaut à la Scarpe.

En avril 1818, l’ingénieur Augustin Honnorez propose le percement du canal aux conditions énoncées dans le cahier des charges et sa proposition est acceptée le 13 mai 1818.

Outre le creusement du Canal de la Sensée, le cahier prévoit l’implantation de plusieurs écluses, dont l’une sur l’Escaut et deux autres sur la Scarpe, et l’assèchement des marais de l’Agache, de l’Hirondelle et de la Sensée.

 

En échange, il obtiendra le droit de perception d’un péage élevé sur les bateaux empruntant le canal, la jouissance des digues et des arbres plantés sur les bords.
Cet accord donne naissance, en janvier 1820, à la Société Anonyme du Canal de la Sensée.

La durée du chantier est estimée à 4 ans. Les travaux démarrent en juin 1819 et la première partie navigable est ouverte le 15 novembre 1820. Le canal de la Sensée a été creusé par des prisonniers anglais.

Le Canal de la Sensée a subit depuis de nombreuses modifications pour devenir un canal à grand gabarit, notamment en 1968, des péniches de gros tonnage peuvent maintenant y circuler.

 

A quelques jours des vacances scolaires, pour ceux qui ne succombent pas aux sirènes des sports d’hiver,
pourquoi ne pas découvrir cette vallée de la Sensée ?

canal de la Sensée

 

 

 

 

 

 


 

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Le recensement de tous les mariniers de France se fait depuis Lille

Posté par Joël le 29 janvier 2011

Lorsque je trouve le temps, j’essaie de développer les réponses aux commentaires.*

 

Ainsi, j’ai commencé une série d’articles relatifs à la navigation fluviale dans la région, afin de situer le canal à grand gabarit, qui sépare physiquement la commune de Beuvry, et ainsi appréhender l’importance de ce canal.

Puis, j’ai fait une parenthèse pour parler, comme chaque année, des nouveaux chiffres de la population.

 

Et voilà que l’actualité me permet de faire un lien entre ces deux sujets.

En effet, comme toutes les personnes vivant en France, les mariniers sont concernés par le recensement de la population.

Et justement, les personnes habitant sur un bateau immatriculé en France et pratiquant la navigation fluviale seront recensées en 2011.

Mais surtout, il faut savoir que ce sont les enquêteurs de l’INSEE Nord – Pas-de-Calais, qui vont recenser la population des mariniers de toute la France, soit huit cents bateaux.

 

Pourquoi l’INSEE de Lille et pas de Paris ?

D’abord parce que nous avons beaucoup de mariniers dans la région. De plus, sur six centres de gestion en France, trois sont dans la région. Enfin, le fait que siège social des Voies navigables de France est à Béthune, n’est sans doute pas étranger à ce choix.

 

Comment recenser les habitants de tous ces bateaux éparpillés sur le réseau navigable français ?

Le recensement des mariniers est particulier.

La presse régionale a annoncé la semaine dernière qu’il se fera  » essentiellement sur Internet ».

Cette méthode novatrice de recensement va permettre de tester, en grandeur réelle, les réponses par internet. En effet les directives du ministère ont fixé à 2013 l’élargissement des réponses électroniques à tous les recensés.

 

L’article 1 de l’arrêté du 29 septembre 2010 précise néanmoins :

« La collecte sera réalisée de janvier 2011 à avril 2011 et comprendra un bulletin individuel et une feuille de bateau.
Les personnes interrogées ont le choix de répondre à l’enquête soit au moyen d’un questionnaire à retourner par voie postale, soit par le biais d’une téléprocédure sur le site internet de l’INSEE
. »

 

* (le suivi des commentaires fait partie de la gestion d’un blog, et ne doit pas se limiter, à mon avis, à « oui, je suis d’accord » ou « merci pour votre commentaire ».
Il faut parfois développer ou compléter l’information).


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La Scarpe et la Deule

Posté par Joël le 19 janvier 2011

Après une présentation du canal Dunkerque-Escaut, je vous propose un zoom sur une partie du réseau hydrographique de la région.

J’ai déjà réalisé un article sur la Lys, l’un des affluents de l’Escaut.
Voici maintenant une présentation de la Scarpe, un autre affluent de l’Escaut et de la Deûle, affluent de la Lys.

La Scarpe et la Deule dans Canaux scarpedeule

La Scarpe

La Scarpe est un affluent de l’Escaut qui se décompose en trois parties nommées successivement « Scarpe Supérieure », « Scarpe Moyenne » et « Scarpe Inférieure ».

Elle prend sa source dans les collines de l’Artois à Berles-Monchel, près d’Aubigny-en-Artois.

Elle mesure 112 kilomètres dont les deux-tiers sont canalisés et navigables (à partir d’Arras).

 

Partie navigable de la scarpe.

La rivière Scarpe se jette à Arras dans la Scarpe canalisée à une altitude de 55 mètres.

Elle traverse notamment Douai, Saint-Amand-les-Eaux, et rejoint l’Escaut à Mortagne-du-Nord.

La Scarpe Moyenne est doublée par la dérivation de Douai (entre Corbehem et Flers-en-Escrebieux), intégrée dans la liaison à grand gabarit Dunkerque-Escaut.

source de la rivière la scarpe Scarpe à saint Laurent Blangy Scarpe à Douai

La source    -    La Scarpe à Saint Laurent-Blangy     –     La rivière Scarpe dans Douai

La Deûle

La Deûle est une rivière dont l’essentiel du cours est aujourd’hui canalisé (de Lens à Deûlémont).

La Souchez, qui constitue le cours amont de la Deûle, est formée de la réunion, dans le village du même nom, de deux ruisseaux, le Carency et le Saint-Nazaire.

La Deûle canalisée comporte trois branches :

  • le canal de Lens ou canal de La Souchez selon les endroits ;
  • le tronçon du canal Dunkerque-Escaut dit « canal de la Haute Deûle », qui assure la liaison entre la Scarpe (à Douai) et le canal d’Aire (à Bauvin) ;
  • la Deûle canalisée, ou Basse Deûle, qui assure la liaison depuis Bauvin entre le canal Dunkerque-Escaut et la Lys mitoyenne (confluence à Deûlémont).

 

La Deûle a été naviguée depuis l’époque gallo-romaine entre Lille et la Lys.

En 1271 le châtelain de Lille, Jean III, à qui la comtesse Jeanne de Flandre venait d’apporter cette portion de rivière en dot, canalisa la Deûle de Lille à La Bassée, en drainant les marais d’Haubourdin.

cours de la rivière la deûle

 

Lien : AASCALYS


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La liaison fluviale Dunkerque – Escaut

Posté par Joël le 17 janvier 2011

Afin de pouvoir comprendre l’utilité et les problèmes éventuels du canal à grand gabarit qui traverse Beuvry, il faut observer le sujet bien au-delà des limites communales, d’où cette série d’articles ces jours-ci.

 

Le canal d’Aire à La Bassée fait partie de la liaison « Dunkerque-Escaut ».

J’ai rassemblé quelques informations relatives à cette voie d’eau. Il s’agit d’une synthèse à partir de sources diverses.
Elle est peut-être incomplète, mais n’hésitez pas à me transmettre vos remarques.

liaison fluviale canal dunkerque escaut

Présentation du canal Dunkerque-Escaut

Le canal de Dunkerque à Valenciennes ou liaison Dunkerque-Escaut est un axe de transport à grand gabarit, qui forme l’armature essentielle du réseau fluvial navigable du Nord – Pas-de-Calais.

Cette liaison est en réalité constituée d’une suite de canaux et de rivières canalisées à grand gabarit.
(A défaut de précision pour désigner une portion, j’emploierai ici le terme générique « canal » pour parler de l’ensemble de cette liaison.)

 

Le canal relie ainsi l’est et l’ouest de la région.

 

Tracé de la liaison Dunkerque-Escaut

La liaison Dunkerque-Escaut emprunte successivement :

 

Le canal de Bourbourg ;

la dérivation de la Colme et le canal de la Haute Colme de Dunkerque à Watten;

la rivière d’Aa canalisée de Watten jusqu’à Arques ;

le canal de Neufossé d’Arques à Aire-sur-la-Lys, percé en 1779 ;

le canal d’Aire-sur-la-Lys à la Bassée (1880) ;

le canal de la Haute-Deûle (à ne pas confondre avec la Deûle, qui est une rivière !), percé par Vauban en 1693 jusqu’au Fort de Scarpe ;

la Scarpe supérieure à la traversée de Douai jusqu’à Corbehem ;

un canal d’alimentation de la Scarpe par la Sensée rivière, percé par Vauban en 1690, de Corbehem à Arleux ;

la Sensée canalisée de Arleux à Bouchain ;

l’Escaut canalisé de Bouchain à Valenciennes.

liaison fluviale canal dunkerque escaut

Infrastructures du canal Dunkerque-Escaut

Cette liaison traversant notre région compte plus de 620 km de berges artificielles, gérées par VNF (Voies Navigables de France dont le siège social se trouve à Béthune).

 

Le canal aboutit à la mer via 3 exutoires, gérés de manière coordonnée par le Port autonome de Dunkerque, le port de Gravelines et le Service maritime des ports de Boulogne et de Calais, avec le service navigation de tirage à la mer.

Des écluses contrôlent les niveaux en fonction des marées, avec pompage lorsque nécessaire. Le canal aboutit principalement au Port de Dunkerque (par l’écluse de Mardyck).

 

10 écluses à sas utile de 144,60 m de longueur et 12,00 m de largeur (Écluses de Flandres, des Fontinettes, de Watten, de Cuinchy, de Douai, de Courchelettes, de Gœulzin, de Pont Malin, de Denain et de Trith), construites sur 20 ans environ, de 1951 à 1972), permettent l’accueil de péniches au gabarit 3.000 tonnes.

Cette voie d’eau est ainsi ouverte à la navigation des bateaux de type V « Grand Rhénan » selon la classification expliquée dans l’article précédent

 

Fonctions de la liaison Dunkerque-Escaut

L’infrastructure fut conçue pour des navires ou convois poussés de 11,40 m de largeur et 142 m de longueur, avec un tirant d’eau maximum de 2,50 m.

Elle reprit presque partout le tracé de divers canaux (dont le canal de Neufossé qui est une ancienne fortification) ou rivières pré-existants, mais qui n’étaient alors qu’au gabarit Freycinet.

Cet axe navigable participe, par le biais des divers cours d’eau qu’il rencontre (Lys, Meldyck, canal de la Colme) au drainage de la Flandre maritime et du marais audomarois via le réseau des Wateringues, vers Saint-Omer.

En outre, il approvisionne le bassin industriel de Dunkerque en eau douce.

 

Aspects hydrauliques

La liaison Dunkerque-Escaut est le récepteur final de presque tous les cours d’eau de la région (sauf La Liane, la Canche, l’Authie et quelques petits fleuves côtiers).

Il reçoit près de 40 affluents directs, qui drainent et irriguent environ 9 600 km2 de bassins versants.

Lors de la construction du canal, le lit de plusieurs cours d’eau a été coupé mais la continuité hydraulique a été restaurée par environ 40 ouvrages de transfert et siphons passant sous les canaux (voir article LLL).

Le canal reçoit aussi les eaux de pompage du bassin minier (qu’il faut poursuivre en raison des affaissements miniers).

 

De plus, le canal est en communication avec de nombreuses nappes alluviales, dont certaines alimentant des zones humides importantes pour la trame verte régionale et les parcs naturels régionaux (Scarpe-aval, marais audomarois…)

 

Ce canal alimente ou reçoit près de 6.000 prises d’eau et rejets industriels, agricoles, d’assainissement, d’adduction en eau potable, etc…

 


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Les différents bateaux naviguant sur les canaux

Posté par Joël le 15 janvier 2011

Lors des promenades le long du canal d’Aire à La Bassée, chacun observe les péniches qui passent paisiblement.

 

De manière générale, une péniche est un bateau à fond plat adapté à la navigation sur les fleuves et canaux pour le transport de marchandises, stockées dans une cale non spécialisée, accessible par des panneaux amovibles.

Pour les puristes, le nom de « péniche » n’est employé que pour les bateaux au gabarit Freycinet.

D’ailleurs le mot « péniche » n’est pas employé par les mariniers qui utilisent les termes de « bateau », « trente-huit mètres » ou encore « automoteur ».

En effet, il ne vous a pas échappé qu’il existe plusieurs type de bateaux.

 

Classe CEMT

Les voies navigables d’Europe ont été classifiées selon leurs dimensions et leurs capacités à accueillir des bateaux classes dites CEMT.

Ce choix des classes a été organisé par la Conférence Européenne des Ministres des Transports (d’où l’acronyme utilisé pour désigner ces classes).

 

Classe Type Longueur Largeur Tirant d’eau Tirant d’air
Tonnage
0 Bateau de plaisance - - - - -
I Péniche 38,50 5,05 1,8 – 2,2 4 250 – 400 (Gabarit Freycinet)
II Campinois 50-55 6,6 2,5 4 – 5 400 – 650
III Gustav Koenigs 67-80 8,2 2,5 4 – 5 650 – 1000
IV Johann Welker 80-85 9,5 2,5 5,25 – 7 1000 – 1500
V a Grand Rhénan 95-110 11,4 2,5 – 4,5 5,25 – 7 1500 – 3000
V b Grand Rhénan 172-185 11,4 2,5 – 4,5 9,1 3200 (convoi long de 2 barges)
VI a Convoi poussé 95-110 22,8 2,5 – 4,5 7 – 9,1 3200 – 6000 (convoi large de 2 barges)
VI b Convoi poussé 185-195 22,8 2,5 – 4,5 7 – 9,1 6400 – 12000 (convoi 2×2 barges)
VI c Convoi poussé 193-200 34,2 2,5 – 4,5 9,1 9600 – 18000 (convoi de 2×3 barges)
VII b Convoi poussé 195-285 34,2 2,5 – 4,5 9,1 14500 – 27000 (convoi 3×3 barges)

 

Lexique

Le tirant d’eau est la hauteur de la partie immergée du bateau (distance verticale entre la flottaison et le point le plus bas de la coque).
Il varie en fonction de la charge transportée.

Le tirant d’air est la différence de hauteur entre la ligne de flottaison et le point le plus haut du bateau.

La hauteur libre sous ouvrages (voûtes et ponts) détermine le tirant d’air des bateaux admis à circuler sur la voie concernée.
Elle se mesure depuis la surface de l’eau jusqu’à la clé de voûte.
Détermine le tirant d’air maximal autorisé.
Elle peut être augmentée, (en principe momentanément), en vidant un peu le bief.

Le bief est la partie de canal comprise entre deux écluses.


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Le transport fluvial en France

Posté par Joël le 12 janvier 2011

 

Le transport fluvial est le mode de transport sur les voies dites navigables : cours d’eau naturels navigables, éventuellement aménagés ou des canaux artificiels.

 

Ce mode de transport comporte plusieurs avantages : il est très économique car peu gourmand en énergie, il permet de transporter des tonnages très importants, et peu polluant compte tenu de la charge transportée.

Ses inconvénients sont :

  • la lenteur d’acheminement dans certains cas, (dû à la faiblesse du réseau des voies navigables inégalement réparti)
  • la nécessité, sauf exceptions, de terminer l’acheminement par un autre moyen.

 

Le transport fluvial garde une importance non négligeable pour le transport de marchandises dans certains pays car ils sont dotés d’un réseau des voies navigables bien équipé.

Il pourrait donc reprendre une place plus importante en France si on s’en donne les moyens.

 

Notons qu’en plus du transport de fret (marchandises), il existe localement quelques services de transports de personnes, mais aussi une navigation de plaisance ou tourisme fluvial.

 

Les voies navigables françaises

 

Le réseau des voies navigables est constitué de l’ensemble des fleuves, rivières et canaux aménagés et équipés pour être ouverts à la circulation et au transport fluvial.

 

La France est sillonnée par le réseau fluvial le plus étendu d’Europe après la Russie, avec 8.800 km de rivières et canaux navigables.

Les premiers canaux remontent au XVIIe siècle (canaux de Briare et du Midi) et, jusqu’au milieu du XIXe siècle, de très nombreux projets sont réalisés.

Les gabarits du réseau français sont variables. De nombreux canaux sont conçus pour des bateaux de moins de 150 t.

Une première modernisation, relevant la capacité de chargement à 250 t, fut votée par l’Assemblée nationale en 1879 à l’initiative du ministre Charles de Freycinet.

Ce vaste projet portait à la fois sur le réaménagement des principaux axes existants et sur la construction de nouveaux canaux, avec des écluses plus importantes que celles existantes.

 

La phase actuelle d’aménagement à grand gabarit (classe européenne IV ou V), a commencé en 1953.

Un cinquième de la longueur totale du réseau a été modernisé, l’effort portant sur les principales rivières et la liaison Dunkerque-Escaut dont fait partie le canal qui traverse notre commune.

 

La plus grande partie du réseau, soit 6.800 km a été confiée par l’État à VNF (Voies navigables de France).

Une partie (environ 1000 km) a été transférée à des régions et 700 km sont restés sous la gestion directe de l’État.

Certaines sections sont même gérées dans le cadre de concessions par des syndicats mixtes voire par les ports maritimes.

 

Le gabarit Freycinet

 

Charles de Saulces de Freycinet Le 17 juillet 1879, Charles de Saulces de Freycinet, ministre des Travaux Publics, fait voter le plan qui porte son nom.

 

Le plan Freycinet est un programme de travaux publics comprenant la construction de 8.700 kilomètres de voies ferrées d’intérêt local ainsi que de nombreux canaux à petit gabarit (le «gabarit Freycinet») et d’installations portuaires.

 

La réalisation du plan Freycinet dura jusqu’en 1914, et il fut pratiquement entièrement réalisé.

 

Le gabarit Freycinet est une norme régissant la dimension des écluses de certains canaux :

Cette norme portait la longueur des sas d’écluse à 39 m pour 5,20 m de large, afin d’être franchissables par des péniches de 300 tonnes ou 350 tonnes.

En conséquence, les bateaux au gabarit Freycinet ne doivent pas dépasser 38,5 m sur 5,05m pour un tirant d’eau de 1,80 m et une hauteur libre de 3,70 m sous les ponts.

On parle ainsi de bateaux ou de péniches Freycinet.

Suite à cette norme, de nombreux travaux seront engagés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle pour moderniser les canaux et harmoniser la navigation fluviale.

Le gabarit Freycinet correspond maintenant au gabarit européen de classe I.


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