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Journée internationale de la biodiversité, vue de Beuvry

Posté par Joël le 22 mai 2018

 

Certaines personnes se posent des questions sur les réseaux sociaux concernant la pollution, la mort d’animaux, la pertinence d’abatage d’arbres…
Les réponses d’autres internautes sont parfois surprenantes, approximatives ou sans rapport avec le sujet. Pourtant les informations sont aujourd’hui facilement accessibles sur internet. Il suffit de prendre le temps de faire quelques recherches… et de consulter un dictionnaire (éventuellement en ligne) lorsque l’on ne comprend pas un mot.


Aujourd’hui, 22 mai, c’est la « Journée internationale de la biodiversité ». C’est peut-être l’occasion de débattre sur des préoccupations d’actualité à Beuvry : poissons morts dans le canal (un sujet traité sur ce blog à plusieurs reprises depuis 2009), espèces menacées de disparition comme les frênes atteints par la chalarose (sujet que j’ai traité avec les Albrans en novembre 2016)…
Voici pour ceux que cela intéresse, une petite présentation de la « Journée internationale de la diversité biologique » encore appelée « Journée internationale de la biodiversité », synthèse d’informations trouvées sur plusieurs sources internet et mise sous forme d’article à la portée de tous… enfin, je l’espère.

22 mai - Journée internationale de la biodiversité

 

Quelle est l’origine de cette journée ?

Le 20 décembre 2000, l’Assemblée Générale a proclamé le 22 mai « Journée Internationale de la diversité biologique » (résolution 55/201) en référence au 22 mai 1992. Ce jour-là, lors de la Conférence de Nairobi, les pays membres des Nations Unies ont finalisé la rédaction de la Convention sur la diversité biologique. Celle-ci a ensuite été définitivement adoptée le 5 juin 1992, à Rio de Janeiro (Brésil) lors du Sommet de la Terre.

 

Qu’est-ce que la biodiversité ?

Le terme « biodiversité » est un néologisme composé à partir des mots « biologique » et « diversité », désignant la variété et la diversité du monde vivant.

Edward O. Wilson, scientifique américain considéré comme l’inventeur du mot biodiversity, en donne la définition suivante : « la totalité de toutes les variations de tout le vivant ».

Bien plus que la liste et la description des espèces vivantes qui peuplent notre planète, cette notion de biodiversité comporte la volonté de chercher à mieux comprendre les liens et les interactions existant entre les espèces et avec leurs milieux de vie.

Le but de ces études étant de préserver la diversité des espèces vivantes.

 

Mais encore ?

L’utilisation du mot « biodiversité » coïncide avec la prise de conscience de l’extinction d’espèces au cours des dernières décennies du XXe siècle.

Au cours de la convention sur la diversité biologique (CBD), la diversité biologique a été définie (Article 2 de la convention) comme :

« La variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes. »

 

Que prévoit la convention sur la diversité biologique ?

Cette convention vise à assurer la conservation de la diversité biologique. Les pays signataires se sont engagés à respecter et à mettre en œuvre, dans leurs politiques nationales, plusieurs mesures concrètes. Ces pays ont, entre autres, pris l’engagement de :

  • Élaborer des stratégies portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique.
  • Établir des zones protégées pour conserver et rétablir les écosystèmes naturels et les populations d’espèces.
  • Adopter des mesures pour inciter les populations à préserver la biodiversité et à réduire les impacts des activités humaines sur cette dernière.
  • Identifier et surveiller la diversité biologique.
  • Mettre en place des actions d’éducation et de sensibilisation du public.
  • Réaliser des programmes de recherche et de formation en tenant compte des besoins particuliers des pays en développement.

Entrée en vigueur en 1993, la convention sur la diversité biologique a été ratifiée jusqu’à présent par 196 États.

 

Liens

Cliquez pour télécharger le texte intégral de la convention sur la diversité biologique

Pour mémoire,  à propos des sujets déjà traités à Beuvry (articles, dossiers consultables lors manifestations publiques et gratuites) mais qui font encore l’objet de questions dont je parle dans l’introduction :

Le frêne commun menacé de disparition

Différents articles sur l’eutrophisation

 


Publié dans Biodiversité, Comprendre pour Agir, Ephéméride, Lexique | Pas de Commentaires »

Beuvry – les eaux vertes

Posté par Joël le 12 juin 2015

 

Il y a cinq ans les Beuvrygeois assistaient à un « spectacle » étonnant. De juin à octobre 2010, le canal à grand gabarit et le canal des mines étaient couverts de lentilles d’eau, tout comme la rivière militaire et plusieurs marais.

eutrophisationcanal de beuvry 21 juin 2010  eutrophisation beuvry petite jonction au canal d'aire eutrophisation canal d'aire à la bassée 24 juin 2010 Beuvry canal grand gabarit beuvry 24 juin 2010 eutrophisation ancien chantier naval beuvry

La branche écocitoyenne de l’association « Les Albrans » s’était penché sur ce sujet. Malgré les articles sur mon blog et sur celui de l’association, certaines personnes découvraient les photos du canal vert à l’occasion d’un concours photo amateurs en novembre 2013.

 

Rappelons qu’il s’agit d’une forme de pollution due principalement à un apport excessif de nutriments : azote (des nitrates par exemple), carbone (matières organiques, carbonates…) et phosphore notamment.

 

A cette époque où tout va très vite et où l’on a tendance à oublier beaucoup de choses, je vous propose de retrouver certains articles qui traitent de l’eutrophisation (comportant eux-mêmes des liens à suivre) :

27-09-2009 – Des envahisseurs

23-11-2009 – Une forme d’eutrophisation dans les environs de Beuvry ?

19-06-2010 – Si on parlait d’eutrophisation ?

24-06-2010 – Eutrophisation d’origine anthropique

05-07-2010 – Eutrophisation en images

11-08-2010 – Les eaux vertes

24-08-2010 – Des poissons rouges dans le canal et des cochons sur les rives ?

26-09-2010 – Les poissons nagent sur le dos

27-11-2013 – Souvenir du canal vert

 

Ces derniers jours, ce sont différentes variétés de plantes aquatiques envahissantes qui ont investi le canal des mines.

beuvry algues canal 2015 beuvry algues canal 2015 beuvry algues canal 2015 beuvry algues canal 2015 beuvry algues canal 2015

Une entreprise est intervenue pour enlever le maximum, mais en ne se débarrasse pas facilement de ces plantes classées comme « envahissantes », c’est-à-dire dont il très difficile de maitriser la prolifération.

Beuvry - les eaux vertes dans Canaux algues-envahissantes-canal-beuvry-12-06-2015-5

 

canal base nautique

 


Publié dans Canaux, Comprendre pour Agir, Ecologie, Eutrophisation, Le saviez-vous ?, Photos de Beuvry | 1 Commentaire »

5e rapport du GIEC – Volume 1 – vu de Beuvry

Posté par Joël le 9 octobre 2013

6 ans après le 4ème rapport du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), son président, le Docteur Rajendra Pachauri, a présenté, le vendredi 27 septembre 2013, le Volume 1 du 5e rapport d’évaluation :
« Changement climatique 2013 : les éléments scientifiques ».

Sa rédaction a impliqué des scientifiques auteurs du monde entier, dont 17 Français principalement du CNRS, du CEA, de Météo-France, du CNES et de différentes universités (notamment l’UPMC, l’UVSQ, l’UJF et l’UPS).

5e rapport du GIEC - Volume 1 - vu de Beuvry dans Climat vignette-climate-change-2013

 

Très succinctement, que faut-il retenir ?

Comme précisé dans un premier article sur le sujet, ce premier volume comporte environ 1.400 pages, un résumé technique de 78 pages ainsi qu’un résumé pour « décideurs » de 22 pages ont été publiés.

Voici « un résumé du résumé » :

Dans son expertise, le groupe de travail I fait le point sur les observations des paramètres atmosphériques, océaniques et continentaux. Il conclut avec certitude que la température globale moyenne à la surface de la Terre (surfaces terrestres et océans confondus) a augmenté de 0,89 °C sur la période 1901-2012.

Non seulement, le GIEC confirme la tendance à la hausse du réchauffement global, mais il renforce ses certitudes sur le fait que l’activité humaine explique en grande partie ce bouleversement climatique.

 

Quel crédit accorder à ce rapport ?

Pour certains (on les appelle les « climato-sceptiques »), ce rapport se veut beaucoup trop alarmiste, comme les précédents.

Pourtant dans une étude publiée en février 2013 dans la revue « Global Environmental Change », une équipe d’historiens montrait que les prévisions commentées dans les quatre précédents rapports ont finalement toujours été en deçà de ce qu’il s’est réellement produit. Le GIEC aurait donc tendance à minimiser ses annoncent pour éviter la fronde des climato-sceptiques.

Des climato-sceptiques utilisent des arguments vaguement scientifiques pour justifier leur point de vue, allant jusqu’à mettre en cause le rôle des gaz à effet de serre dans le réchauffement.
D’autres rappellent que le climat a changé depuis des centaines de milliers d’années alternant périodes glaciaires et interglaciaires, et qu’un réchauffement de plus ne peut être la fin du monde.
Certains ont utilisé une erreur de calcul (reconnue d’ailleurs par le GIEC) dans le rapport de 2007 sur la rapidité de la fonte des glaces dans l’Himalaya.

 

Si le débat scientifique est une excellente chose, on peut se demander quelles sont les objectifs des détracteurs. On peut se demander également, si pour certains climato-sceptiques, ce n’est pas le travail du groupe III (mesures d’atténuation) qui leur pose problème. Les propositions faites par ce groupe à chaque rapport du GIEC sont forcément très contraignante pour notre mode de vie actuel. Enfin pourquoi des centaines de scientifiques du monde entier se ligueraient-ils pour alerter sans raison la population mondiale ?

 

Quelles sont les principales conclusions de ce premier volume ?

L’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, l’étendue et le volume des neiges et glaces ont diminué et le niveau des mers s’est élevé, et les concentrations des gaz à effet de serre ont augmenté.
Les scientifiques du GIEC qualifient ces conclusions de « hautement probables à quasi-sûres ».

 

Le réchauffement

Chacune des 3 dernières décennies a été successivement plus chaude que toutes les précédentes depuis qu’on a des mesures systématiques (1850).
De plus, es 30 dernières années sont la période la plus chaude de l’hémisphère nord (températures moyennes de l’hémisphère) depuis au moins 1400 ans.
Le réchauffement océanique constitue l’essentiel de l’augmentation de la quantité d’énergie emmagasinée au sein du système climatique et représente plus de 90% de l’énergie accumulée entre 1971 et 2010.

Le réchauffement a provoqué une disparition massive de glace de la quasi-totalité des glaciers de montagne, des calottes polaires et de la partie pérenne de la banquise, ainsi que la diminution notable de la neige de printemps de l’hémisphère nord. Depuis le milieu du 19ème siècle, le niveau de la mer a monté à une vitesse supérieure à celle des 2 millénaires précédents.

En particulier, le niveau moyen des mers s’est élevé de 0,19 mètres au cours de la période 1901−2010.

Depuis le début des années 1970, la somme de la perte de masse des glaciers et de l’expansion thermique des océans due au réchauffement expliquent environ 75% de l’élévation du niveau moyen des mers.

 

Les gaz à effet de serre

Les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint dans l’atmosphère des valeurs inconnues aussi loin qu’on sache remonter avec certitude (800.000 ans).
Elles ont augmenté de 40% depuis le début de l’ère industrielle, principalement du fait de l’utilisation des combustibles fossiles, mais aussi du fait du changement d’utilisation des sols.
L’océan a absorbé 30% du dioxyde de carbone d’origine fossile, ce qui a entraîné une acidification de ses eaux de surface.

De nouvelles émissions de gaz à effet de serre impliqueront une poursuite du réchauffement et des changements affectant toutes les composantes du système climatique.
Pour limiter le changement du climat il faudrait des réduire de manière importante et durable les émissions de gaz à effet de serre.
Même avec les hypothèses les plus optimistes sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la température moyenne à la surface de la Terre aura augmenté d’au moins 1,5°C à la fin du 21ème siècle.

 

Conséquences sur le cycle de l’eau

L’Océan global continuera à se réchauffer au cours du XXIe siècle. De la chaleur sera absorbée à la surface et pénètrera jusqu’à l’océan profond, affectant la circulation océanique.
Le niveau moyen des mers continuera à s’élever au cours du XXIe siècle.
La vitesse d’élévation du niveau des mers dépassera très probablement la vitesse observée sur la période 1971–2010.

Les changements concernant le cycle de l’eau ne seront pas uniformes. Le contraste de précipitation entre régions humides et régions sèches, et entre saisons humides et saisons sèches augmentera (avec peut-être des exceptions régionales).

 

Conséquences sur acidité de l’océan

Le changement climatique affectera les processus liés au cycle du carbone d’une manière qui accélèrera l’accroissement du CO2 atmosphérique (degré de confiance élevé). La poursuite de l’absorption de carbone par l’océan augmentera son acidification.

 

Irréversibilité du changement climatique

L’inertie du changement climatique est impressionnante (de l’ordre de plusieurs siècles).

Le total des émissions de CO2 cumulées déterminent principalement la moyenne globale du réchauffement en surface vers la fin du XXIe siècle et au-delà.

La plupart des caractéristiques du changement climatique persisteront pendant plusieurs siècles même si les émissions de CO2 sont arrêtées.

 be143114-88d9-4928-b3e1-5f8457344a4d-CARTE_futurclimatSEM climat dans Comprendre pour Agir

Pourquoi s’intéresser à ce sujet ?

Les habitués de ce blog se souviennent que j’ai à plusieurs reprises écrit des articles sur l’eau.
Pour en arriver à comprendre les problèmes liés à l’eau en particulier ceux liés à l’eutrophisation, j’ai fait quelques rappels sur le cycle de l’eau.

Parmi les conclusions du GIEC on peut notamment retenir que le cycle global de l’eau est modifié, les neiges et glaces fondent de plus en plus vite, le niveau moyen des océans augmente, l’acidification des océans augmente.

Il est donc logique quand on s’intéresse aux problèmes de pollution des eaux de s’intéresser également au réchauffement climatique et en particulier aux conséquences sur le cycle de l’eau, lequel est déterminant dans l’équilibre des milieux humides.

Image de prévisualisation YouTube


Pour les anglophones : Résumé à l’attention des décideurs dans sa version originale en anglais sur le site du GIEC

 


Publié dans Climat, Comprendre pour Agir, Eau, Ecologie, Géographie, Grennelle de l'environnement | Pas de Commentaires »

Des poissons rouges dans le canal et des cochons sur les rives ?

Posté par Joël le 24 août 2010

comment se débarrasser des lentilles d’eau ?

Poissons rouges et cochons…
Et là, vous vous dites : « A peine quelques degrés en plus ce week-end et Joël est en surchauffe ! »
Prenez le temps de lire l’article qui va suivre, afin de comprendre ce que j’ai voulu dire.

 

Alors que certains découvrent l’existence de ces hôtes indésirables et s’interrogent, après 2 mois, sur la couleur du canal à grand gabarit, j’ai choisi un titre un peu décalé pour vous dire que la « lemna minor » n’est pas si méconnue qu’on ne l’imagine. 

Il n’est pas nécessaire d’être passionné de nouvelles technologies (geek comme on dit) ni même d’avoir à un bagage universitaire exceptionnel pour s’informer sur internet. 

Ainsi, en tapant, même  à 2 doigts, la question  » comment se débarrasser des lentilles d’eau ?  » vous trouverez quelques renseignements intéressants grâce à votre moteur de recherche habituel.

Je vous passe les détails techniques, mais j’ai retenue quelques éléments à méditer.

Des poissons rouges dans le canal et des cochons sur les rives ? dans Comprendre pour Agir animauxpoissons39

 

Des poissons rouges et carpes amour pour se débarrasser des lentilles d’eau 

Si votre bassin d’agrément est envahi de lentilles d’eau, envisagez de le repeupler un peu en poissons rouges.

Le poisson rouge fait partie de la famille des cyprinidés, comme la carpe, et à ce titre se nourrit notamment de végétaux de surface.

Plus sérieusement, pour les étangs, marais et autres plans d’eau importants, un autre poisson cousin du poison rouge s’avère particulièrement gourmand de lentilles d’eau.

 

La carpe amour ou encore amour blanc

Ctenopharyngodon idella est un cyprinidé originaire des grands fleuves de Chine, et surtout du fleuve Amour qui lui a donné son nom (le ventre étant blanc).  Cette espèce est souvent introduite pour lutter contre la végétation aquatique immergée.L’introduction en France date de 1957. La reproduction naturelle de l’Amour n’a jamais été signalée.

En effet, pour se reproduire, les carpes Amour Blanc ont besoin de cours d’eau chauds relativement larges et à très forts courants. Exclusivement herbivores, elles se nourrissent de la plupart des végétaux aquatiques supérieurs.

En été, elles supportent des températures aussi élevées que 35°C et s’accommodent de très faibles taux d’oxygène dissous (intéressant à savoir quand on veut les introduire dans un plan d’eau qui commence à être atteint par l’eutrophisation).

Les végétaux consommés par cette espèce sont par ordre de préférence :

    • Les lentilles d’eau (nous y voilà !)
    • Les Chara (d’algue vertes d’eau douce, capables de vivre en eaux saumâtres)
    • Les Callitriches (plantes herbacées)

Ou encore…

    • Les mousses aquatiques
    • Les renoncules d’eau
    • Les algues filamenteuses (dont le développement anarchique conduit à l’eutrophisation)
    • Les nénuphars…

 

La carpe amour peut absorber 80% de son poids par jour à des températures de 18 ou 20 °C, et plus de 130% au-dessus de 24°C.

Ce poisson est donc le substitut écologique idéal à tout produit chimique actuellement utilisé pour nettoyer les plans d’eau.

 

De plus, ce poisson est un régal pour les adeptes de pêche sportive !

Pouvant atteindre une taille importante, elle ne se laisse pas attraper si facilement.

L’amour blanc, très méfiant, observera longuement l’appât avant de s’en saisir. Une fois piqué, le départ est brutal et demande un matériel solide.

Le corps allongé, en forme de fuseau, de section circulaire est couvert de grandes écailles, de couleur gris à brun-vert sur le dos, le ventre est blanc.

 

Des carpes, oui mais :

Je précise toutefois qu’au-delà du titre accrocheur de cet article (comme les affectionnent parfois certains professionnels de la communication) qu’il faut éviter l’introduction d’espèces trop exotiques, comme les poissons rouges, hormis dans les bassins d’agrément.

En revanche, comme je l’ai expliqué plus haut, la reproduction naturelle de la carpe amour n’a encore jamais été constatée à ce jour en France. L’introduction de cette espèce pour se débarrasser des lentilles ne pose donc pas de problème selon les spécialistes.

La carpe commune est aussi un consommateur de lentilles et comme c’est une espèce considérée comme indigène (en réalité introduite il y a 2000 ans), elle ne représente pas une menace en terme d’équilibre.

Mais la carpe est efficace quand l’invasion de lentilles n’est pas encore déclarée.

L’introduction de carpes (commune ou amour) dans un étang déjà recouvert ne sera pas d’un grand secours.

Il faut au préalable se débarrasser mécaniquement de la plus grande partie des lentilles d’eau.

 

Les cochons aiment les lentilles !

Dans le passé, on les donnait en complément alimentaire aux cochons. On sait même qu’en été, dans le nord de la France, en Belgique ou aux Pays-Bas, les cochons descendaient parfois eux-mêmes dans les watringues pour manger les lentilles à la surface de l’eau.

 

Ce mode d’alimentation était naturellement plus aisé avant qu’on ne développe l’agriculture intensive et les élevages industriels comme en Bretagne (plus de 50% de la production Française sur 7% du territoire).

On connait depuis de nombreuses années la pollution des rivières et des nappes phréatiques par les nitrates issus du lisier.

Mais il faut aussi avoir à l’esprit que le taux élevé de nitrates, dû à l’élevage intensif, est responsable de la prolifération des algues en Bretagne !

Outre des nuisances olfactives et des coûts de ramassage démesurés pour les collectivités, ces algues sont à l’origine d’émanations de gaz, et notamment d’hydrogène sulfuré (H2S), un gaz toxique et mortel à forte dose.

 

Voir l’article de l’association les Albrans à ce sujet.

 

Un retour (utopique ?) vers une agriculture à taille humaine serait incontestablement bénéfique pour l’équilibre fragile de la nature.

 

D’autres informations à étudier sont postées sur des forums :

Cette plante aquatique est rustique au gel.

On la trouve dans les eaux stagnantes et acides. Elle affectionne la lumière, chaleur, les eaux chargées en nutriments.

Sa multiplication s’effectue naturellement par division cellulaire qui double tout les 6 jours.

Donc, s’il y en a 100 le jour j, il y en a 200 le jour j+6, 400 à j+12, 800 à j+18, 1600 à j+24, 3200 en 1 mois

Je vous laisse continuer le calcul, sachant que l’invasion a commencé dans le secteur il y a plus de 2 mois…

 

Pour s’en débarrasser, l’épandage de chaux est parfois envisagé.

Lorsque l’invasion est trop marquée, le plus efficace est de les retirer mécaniquement avec des sortes de tamis ou par pompage.

De plus, les végétaux ainsi récupérés s’avèrent être un engrais naturel exploitable par les agriculteurs.

 

Des solutions mécaniques doivent être mises en œuvre pour éliminer le volume important de lentilles qui a envahi le plan d’eau.

Ensuite la régulation biologique se fait avec l’introduction d’animaux consommateurs de lentilles d’eau.

Mais quelle que soit la solution pour s’en débarrasser, il faut surtout remédier à la cause qui rend l’eau acide et chargée en nitrates et en nitrites !

Voilà donc des pistes de réflexion pour « l’amicale des Albrans », la nouvelle branche de l’association Beuvrygeoise, dans laquelle il n’est pas besoin d’être chasseur ni pêcheur, mais simplement attentif aux problèmes de ces derniers et soucieux de la préservation de notre environnement en général.

En effet, l’amicale des Albrans se veut un espace de réflexion et de concertation pour agir en bonne intelligence entre les différents passionnés de nature : chasseurs, pêcheurs, promeneurs, familles,…

 

Une phrase de ralliement s’est ainsi imposée naturellement : « comprendre pour agir ».


 

Publié dans Comprendre pour Agir, Eau, Ecologie, Eutrophisation, Lentilles d'eau | 3 Commentaires »

Eutrophisation en images

Posté par Joël le 5 juillet 2010

 

Les lacs, les étangs, les mares,… se trouvent parfois colonisés par la végétation aquatique (lentilles d’eau, nénuphars, élodée, algues vertes filamenteuses…).

Il suffit de quelques promenades pour s’apercevoir que ce phénomène n’est pas rare.

J’ai eu l’occasion de discuter ces jours-ci avec plusieurs personnes au sujet de l’eutrophisation. Chacun se demande si on peut agir et si oui, comment ?

Même si la notion commence à être connue, il n’est pas toujours facile d’appréhender le sujet. Comme je l’ai dit récemment, il faut d’abord comprendre avant d’envisager une action (curative et/ou préventive).

Pour compléter mes articles sur ce sujet, et puisqu’un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, voici une petite animation (au début, tout va bien pour le poisson !) :

eutrophisation gif animé Voici en résumé les grandes étapes de ce phénomène complexe : 

Dans un premier temps, le plan d’eau (lac, étang,…) ou parfois le littoral (comme en Bretagne) reçoit des apports en d’éléments nutritifs provenant de sources diverses : naturelles et anthropiques (c’est à dire d’origine humaine).*

L’accumulation d’éléments nutritifs dans l’eau provoque une prolifération de plantes aquatiques et d’algues dans la couche supérieure du plan d’eau (ou sur le littoral), ce qui réduit considérablement la transparence de l’eau (l’eau devient plus turbide).  

L’augmentation de la turbidité limite le passage de la lumière à travers la colonne d’eau. Dès lors, la photosynthèse ne peut plus s’effectuer que près de la surface.

Une fois en excès, les plantes aquatiques viennent à se décomposer et former une couche de matière organique au fond de l’étendue d’eau.

Au fond de cette étendue, des bactéries aérobies (nécessitant de l’oxygène pour se développer) prolifèrent et dégradent ces matières organiques tout en consommant l’oxygène présent en profondeur.

Ces bactéries envahissent le milieu, le milieu n’étant pas brassé, aucune ré-oxygénation n’est possible.

La raréfaction de l’oxygène occasionne un bouleversement dans la biodiversité. La faune finit par mourir.

 

* Les principales sources de nutriments sont les :

  • Engrais agricoles (engrais chimiques, lisiers, etc.) ;
  • Engrais domestiques (pour pelouses, plates-bandes, etc.) ;
  • Eaux usées (domestiques, collectivités) ;
  • Détergents, lessives et savons ;
  • Érosion des rives ;
  • Rejets de sites d’enfouissement ;
  • Rejets industriels.

Les mots écrits de cette couleur correspondent à des liens.


Publié dans Ecologie, Eutrophisation | 1 Commentaire »

Lentilles d’eau : photos à Beuvry

Posté par Joël le 29 juin 2010

Pour répondre à un commentaire, voici une série de photos prises à Beuvry le 21 et le 24 juin 2010.

Sur le canal de la compagnie des mines de Nœux (dit canal de Beuvry), sur le canal à grand gabarit (canal d’Aire à la Bassée), ou un ancien chantier naval (embranché sur le canal à grand gabarit, côté Gorre), on peut constater que Beuvry n’est pas épargné par les lentilles d’eau.

basenautique 24 juin 2010.jpg eutrophisationcanal de beuvry 21 juin 2010 eutrophisation canal des mines Beuvry 22 juin 2010 eutrophisation beuvry petite jonction au canal d'aire eutrophisation canal d'aire à la bassée 24 juin 2010 Beuvry canal grand gabarit beuvry 24 juin 2010 eutrophisation ancien chantier naval beuvry


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Eutrophisation d’origine anthropique

Posté par Joël le 24 juin 2010

Qu’est-ce que l’eutrophisation anthropique ?

L’eutrophisation est un phénomène naturel parfois amplifié par les rejets des activités humaines, il s’agit alors d’une eutrophisation anthropique.

 

Rappels de ce qui a déjà été expliqué sur ce blog :

L’eutrophisation est un processus naturel à l’origine très lent, par lequel les plans d’eau reçoivent une grande quantité d’éléments nutritifs (notamment du phosphore et de l’azote), ce qui stimule la croissance des algues et des plantes aquatiques.

Ce processus, peut s’étaler sur une période allant de plusieurs siècles à quelques dizaines de milliers d’années.

Cependant, les activités humaines l’ont accéléré dans de nombreux lacs et étangs en augmentant la quantité d’éléments nutritifs qui leur parviennent, provoquant des changements dans l’équilibre de ces écosystèmes aquatiques.

On parle alors d’hyper eutrophisation ou encore de dystrophisation.

Cette accélération est faite par l’apport d’effluents domestiques, industriels et/ou agricoles et conduire à la mort de l’écosystème aquatique en quelques décennies, voire même en quelques années.

Quel est le rapport entre l’eutrophisation et les lentilles d’eau ?

Lentille d’eau ou lentille-d’eau est un nom désignant certaines plantes aquatiques flottantes.Présentes en grande quantité, elles peuvent être un signe d’eutrophisation.

En effet, l’eutrophisation est caratérisée par l’apparition en grandes quantités de petites plantes, comme les algues filamenteuse mais aussi lentilles d’eau (en eau douce).

La prolifération des lentilles d’eau provoque la formation de tapis à la surface de l’eau qui empêche la pénétration de la lumière et les échanges gazeux avec le milieu aquatique. Des lentilles d’eau sont présentes sur tous les continents. Voici quelques photos très récentes prises sur des plans d’eau locaux.

eutrophisation marais de cambrin62 lentilles d'eau canal des mines Beuvry 22 juin 2010 eutrophisation beuvry petite jonction au canal d'aire

Carte de France des zones sensibles à l’eutrophisation

Cette carte (selon les critères la « Directive Européenne Nitrates ») confirme ce que nous avons observé par nous même, la région est fortement impactée.

En 2004 la sonnette d’alarme a été lancée, les zones sensibles à l’eutrophisation étaient identifiées.

Sans action concrète pour réduire l’impact de l’homme sur la nature, la situation s’est aggravée, en particulier ces derniers mois.

carte de france de l'eutrophisation et vulnérables

Il y a vraiment beaucoup à dire sur l’eutrophisation, d’où un travail dans le temps et le découpage du sujet en plusieurs articles.

Joël DEPRETZ


 

Publié dans Eutrophisation | 2 Commentaires »

Une forme d’eutrophisation dans les environs de Beuvry ?

Posté par Joël le 23 novembre 2009

La pollution aquatique s’accroît-elle dans la région ?

Ce phénomène d’eutrophisation est-il grave ?

Quelles sont les causes et conséquences des apparitions des lentilles d’eau

ou de plantes verdâtres à la surface des marais ?

Sommes-nous directement concernés ?

 

Nous avons lu sur le blog de l’association les Albrans les inquiétudes des bretons sur la prolifération des algues vertes, les conséquences et les responsabilités humaines… Cliquez pour relire cet article

Une promenade sur les marais d’Annequin et de Cambrin, ont attiré mon attention : la surface des plans d’eau est recouverte de plantes verdâtres. Cliquez pour relire un article sur le sujet

Nous pouvons contribuer à la réflexion, car nos plans d’eau naturels ou artificiels sont bien concernés par le phénomène.

 


 

Voici une synthèse de mes recherches sur l’eutrophisation : 

L’eutrophisation est la modification et la dégradation d’un milieu aquatique lié, en général, à un apport exagéré de substances nutritives qui augmentent la production d’algues et de plantes aquatiques.

Un milieu aquatique eutrophe (du grec eu : « bien, vrai » et trophein : « nourrir »), tels que cours d’eau ou mares, décrit originellement sa richesse en éléments nutritifs, sans caractère négatif.

Pourtant, à partir des années 70, le terme eutrophisation a été employé pour qualifier la dégradation des grands lacs par excès de nutriments (comme le lac d’Annecy, le lac du Bourget ou le lac Léman).

Il a aujourd’hui un sens proche de dystrophie et vient souvent comme qualificatif de sens négatif pour des milieux aquatiques d’eau douce ou marins.

 

Un milieu aquatique pauvre en éléments nutritifs est dit oligotrophe ; dans le cas intermédiaire, on qualifie le milieu de mésotrophe.

Étant donné que les facteurs naturels produisent des milieux plus ou moins chargés en nutriments en dehors de toute intervention humaine, l’état d’eutrophisation d’un milieu aquatique doit être apprécié en fonction de sa nature et ne peut pas se baser sur des indicateurs absolus.

L’eutrophisation est aussi une des étapes du processus naturel qui transforme lentement les lacs peu profonds en marais, puis en prairie ou en mégaphorbiaies et finalement en forêt. Le comblement d’une mare ou d’un marais est très accéléré par la présence de nutriments artificiels, par la proximité d’arbres (à cause des feuilles mortes), mais aussi par l’absence de faune se nourrissant dans l’eau tout en exportant les nutriments.

L’atterrissement d’une petite mare en sous-bois peut se faire en quelques décennies, alors que les lacs naturels se comblent eux en dizaines de milliers voire en millions d’années.

 

Les causes de l’eutrophisation :

Apport excessif de nutriments : azote (des nitrates par exemple), carbone (matières organiques,  carbonates…) et phosphore notamment. Le phosphore étant généralement le facteur limitant dans les milieux aquatiques naturels (loi de Liebig), ce sont ces composés, en particulier les phosphates qui permettent l’emballement du processus.

Ce milieu déséquilibré, dystrophe, devient alors hypertrophe.

 

Ce processus a comme principales origines :

  • des épandages agricoles excessivement riches en engrais (azote et phosphore),
  • des rejets industriels ou urbains riches en nitrates, ammonium, matières organiques non traitées, la présence de polyphosphates dans les lessives font de l’eutrophisation un processus fréquent, atteignant même les zones océaniques (pouvant provoquer l’extension de zones mortes), ou le développement d’algues toxiques, telles Dinophysis, sur les littoraux, par exemple en Bretagne (rejet du lisier provenant des élevages de porc).

 

Des effets visibles :

  • Augmentation du volume d’algues ;
  • Développement de phytoplancton toxique ;
  • Développement de pathogènes par diminution de la pénétration des UV qui ont un pouvoir désinfectant ;
  • Diminution de la biodiversité (animale et végétale) ;
  • Diminution du rendement de la pêche …

 

Elle a aussi des effets négatifs sur le tourisme (suite à la perte de transparence de l’eau, au développement d’odeurs et augmentation de l’envasement).

Parfois les algues peuvent boucher les prises d’eau, les filtres, entraver le fonctionnement d’écluses voire du moteur de petits bateaux pour les algues filamenteuses.

 

Sources :

Mon Carnet à Spirales (définitions) : http://definition.over-blog.fr

Le blog des Albrans : http://albransbeuvry62.over-blog.com

 


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